Vendredi 31 mars

 

Le seul éternellement aimé

 

            « Poursuivant l’amour toute notre vie, nous ne l’obtenons jamais que d’une manière imparfaite. Et, l’eussions-nous obtenu vivants, que nous en restera-t-il après la mort ? Je le veux, une prière amie nous suit au-delà de ce monde, un souvenir pieux prononce encore notre nom, mais bientôt…l’oubli descend, le silence nous couvre, aucun rivage n’envoie plus sur notre tombe la brise éthérée de l’amour. […]

  « Mais je me trompe : il y a un homme dont l’amour garde la tombe ; il y a un homme dont la cendre, après dix-huit siècles, n’est pas refroidie, qui est visité dans son berceau par les bergers et par les rois lui apportant à l’envi et l’or et l’encens et la myrrhe.[…] Il  y a un homme attaché depuis des siècles à un gibet, et cet homme, des milliers d’adorateurs le détachent chaque jour du trône de son supplice, se mettent à genoux devant lui, se prosternent au plus bas qu’ils peuvent sans en rougir, et là, par terre, lui baisent avec ardeur les pieds sanglants.

   « Il y a un homme poursuivi dans son supplice et sa tombe par une inextinguible haine, et qui, demandant des apôtres et des martyrs à toute postérité qui se lève, trouve des apôtres et des martyrs au sein de toutes les générations… Et cet homme, c’est Vous, ô Jésus ! Vous qui avez bien voulu me baptiser, m’oindre, me sacrer dans votre amour et dont le nom seul, en ce moment, ouvre mes entrailles… »
                                                               Lacordaire – 39e conférence – 1846

        

  Prière : Seigneur, garde mon cœur, mes yeux et mes oreilles ouverts ; que je sois toujours prêt(e) à vivre ta Parole et ton Amour dans ce monde tourmenté.