Mercredi 22 mars
 

« Si tu venais manger

chez nous ! »

 

                  Voici la prière « Si tu venais manger chez nous ! » de M. l’Abbé Robert Riber (1935-2013), prêtre, poète, psychanalyste et responsable de l’Aumônerie de l’Enseignement Public pour le diocèse de Strasbourg, qui nous a quittés brutalement.
                « Il y a des jours où, sans le savoir peut-être, tu vas loin, très loin dans les gestes de la vie. Si tu savais, mon frère, l’étonnante portée de tous ces gestes-là…. Sans le savoir, sans le vouloir, tu as donné à quelqu’un le goût de vivre, le courage de se mettre debout et plus encore, le goût d’aimer. Si tu savais, toi mon frère inconnu, comme elle est chaude la table de l’ami, quand le corps est transi parce que le cœur fait mal. Si tu savais combien le pain est bon, quand, au-delà du pain, tu donnes la parole. Il y a des jours où, sans le savoir, en te risquant au partage, toi aussi, tu dis le meilleur de l’homme. Parce que tout simplement, tu as ouvert ta porte, tu as mis une assiette de plus et tu as dit « Si tu venais manger chez nous ! » Ce jour-là, peut-être, tu as donné plus que du pain et, grâce à toi, ton frère est debout. Ainsi soit-il. »

Oui, en cette période de Carême, période de partage, n’ayons pas peur d’ouvrir notre porte et de mettre un couvert de plus. En recevant ce frère blessé, qui peut être un voisin, un collègue, c’est le Christ que nous recevons, le Christ harassé par le long voyage qu’il fait pour venir à notre rencontre, sans une pierre pour reposer sa tête, en butte aux insultes et aux violences des voleurs. Notre porte, c’est celle de notre demeure, bien sûr, mais c’est aussi la porte de notre cœur, qui accepte l’autre dans sa différence, et pour qui toute parole est réconfort, lumière et renouveau.

     

     Prière : Seigneur, ouvre mes yeux, mes mains, mon cœur… rends-les accueillants à mon frère pour qui, comme pour moi, tu as donné ta vie.