Vendredi 14 avril ; semaine sainte

 

Ponce Pilate

 

                    Voilà un nom inscrit dans le Credo, et donc connu dans le monde entier. Mais que penser de cet homme si ‘célèbre’ ? Relisons les passages des évangiles qui le mentionnent et, avec l’aide du livre signé Benoît XVI/Joseph Ratzinger : Jésus de Nazareth, de l’entrée à Jérusalem à la Résurrection, efforçons-nous de mieux comprendre l’épisode de sa rencontre avec Jésus.
                    Tout d’abord, quel jugement Pilate porte-t-il sur Jésus ? Il sait fort bien que celui qu’on lui présente n’est pas un agitateur politique, que « son message et son comportement ne représentent pas un danger pour la domination romaine » (Benoît XVI, op.cit., p.223). Il déclare clairement : « Je ne trouve rien qui mérite condamnation en cet homme. » (Luc 23, 4 ; voir aussi Jean 18, 38). Cependant il va se trouver coincé, écartelé entre deux peurs : l’une, suscitée par la question que lui pose la personne même de Jésus ; après avoir rapporté ce que disent de cet homme les grands-prêtres : « il s’est fait Fils de Dieu », Jean note l’effroi de Pilate (19, 7) : ne risquerait-t-il pas, en livrant cet homme aux autorités du Temple, d’attirer sur lui la colère d’une puissance divine qu’il méconnaîtrait ? 
                   L’autre peur, c’est une affirmation des grands prêtres qui l’éveille en Pilate : ce Jésus s’est fait roi, il est donc l’ennemi de César ; et Pilate doit le leur livrer afin qu’on le supprime. Si le gouverneur refuse et que le désordre s’installe à Jérusalem, c’est lui que César jugera responsable. Pilate cède alors à la foule. Tant pis pour la justice qu’il a charge de défendre. Et Benoît XVI de conclure : « À la fin, le souci de sa carrière est plus fort que la peur devant les puissances divines. »

Nous-mêmes, ne nous arrive-t-il jamais de sacrifier le bien qui nous sollicite à une peur qui nous ronge ?

           

  Prière :

              Seigneur, ne nous laisse pas succomber à la tentation.