Lundi 6 mars
 

Dom Helder Camara,

à propos de Mt 6, 24-33

    

                  Don Helder Camara (1909-1999), « l’évêque des pauvres », a été évêque d’Olinda et Recife (Nord-Est du Brésil). Voici un extrait d’une de ses lettres, datée d’août 1964, méditant sur ce qu’il appelle l’évangile « des oiseaux du ciel et des lys de la campagne » :
                « Comment prêcher ce passage de Ton Évangile aux pauvres gens de mon monde sous-développé ? Il est facile et commode de dire qu’ils ne doivent pas se préoccuper de la nourriture ni des vêtements… Comment ne pas se soucier de la nourriture, s’il y a des enfants qui pleurent de faim chez eux et nous sollicitent !? Comment ne pas se soucier des vêtements, quand les haillons tombent en lambeaux !?... 
                   Je sais que l’ordre de chercher d’abord le royaume du ciel et sa gloire reste valide… personnellement c’est ce que je cherche à faire. Mais pour celui qui est au plus bas du plus bas, pour celui qui est moins que rien, sans plus, c’est une parole qui est difficile à dire et dure à entendre…
                  Rien de cela n’ébranle la foi absolue au Père céleste. La grâce divine rend facile à vivre et à comprendre, par toutes les créatures, le in manus tuas * »
             (Dom Helder Camara, Journal d’un évêque prophétique, éd. Bayard, 2016, p. 130-131)
                    * « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». (Luc 23, 46)

          

       Prière : Oui, Seigneur, seule ta grâce peut nous faire partager la totale confiance de Jésus en son Père, en notre Père : je te la demande pour mes frères et pour moi.